Julia Cota artisanat portugais ou art naïf du Portugal

Le monde fantastique de Júlia Cotà

Júlia Cotà est née à Lagoa (Manhente), dans la municipalité de Barcelos en 1935. Elle est, aujourd'hui, une des plus grandes représentantes vivantes du "Barcelos Figurado", mouvement artisanal et artistique, expression de la culture populaire portugaise

70 ans dans l'argile

Júlia da Rocha Fernandes de Sousa, communément appelée Júlia Côta, est née dans l'une des familles les plus respectées de l'artisanat régional. Elle est la petite-fille de João Domingos Côta da Rocha, reconnu comme le père du Coq de Barcelos. 
Júlia Côta a commencé à travailler l'argile à l'âge de 9 ans dans l'atelier de ses parents. Elle commence par aider à façonner certaines pièces telles que les chaussures ou les chapeaux pour 15 sous par heure avant de pouvoir réaliser ses propres pièces. Son sens artistique est tel qu'elle est rapidement reconnue et que ses parents se décident à lui confier l'atelier.
A 83 ans ans aujourd'hui, cela fait donc plus de 70 ans que Júlia Côta travaille l'argile. Mais Julia ne se sent pas fatiguée, elle souhaite poursuivre son travail jusqu'à ce que ses mains ne le permettent plus.

 

Artisanat ou art naïf ?

Modeler la vie qui l'entoure en argile tout en laissant libre cours à son imagination, c'est le credo simple de Júlia Côta. Le résultat est un style figuratif très particulier, donnant naissance à un monde fantastique, joyeux et coloré.
Ses «poupées», comme Júlia Côta les appelle, évoquent invariablement des scènes de la vie rurale agrémentées de figures mythologiques enracinées dans l'imagination populaire. Elles sont reconnaissables à leurs traits ambigus, où se fondent les traits de l'homme et de la femme, la silhouette des hommes et celles des animaux.
Parfois religieuses, parfois burlesques, parfois les deux réunies, ses statuettes sont toujours empruntes de respect envers l'histoire, les traditions et les personnages locaux.
Comme tant d'hommes et de femmes de sa génération, Julia Côta n'a pas appris à lire ou à écrire. C'est un collectionneur portugais qui lui a appris à gribouiller les initiales de son nom afin d'authentifier les pièces de sa propre collection. Depuis lors, aucune pièce n'a quitté son atelier sans les J et C inscrits à la base.

 

Vers la reconnaissance de sa singularité ?

Alors artisanat populaire ou art naïf ? La question n'est pas tranchée mais les blogs ou les revues sur l'art commencent à écrire sur Júlia Côta et certaines de ses expositions se font en dehors du cadre de l'artisanat. A près de 85 ans aujourd'hui, Júlia est une artiste reconnue, accueillie avec les honneurs à chacun de ses déplacements et visitée, comme une icône, par les artistes du monde entier qui se déplacent dans sa petite maison de Barcelos dans une rue qui porte désormais son nom.
Ses oeuvres font désormais partie de collections privées, sont vendues dans le monde entier et sont parfois rassemblées pour des expositions temporaires ou des rétrospectives. Mais Júlia a conservé toute sa simplicité, s'étonne toujours des honneurs qu'on lui accorde et continue à modeler l'argile dans sa petite maison en transmettant son savoir-faire à sa fille Prazeres. 

 

 

Ma rencontre avec Jùlia Côta

Rencontrer Jùlia Côta n'est pas si facile, non pas qu'elle soit désormais inaccessible, mais à 85 ans, elle continue d'exposer ses oeuvres à travers tout le Portugal et est rarement disponible.

Le jour de notre rencontre, je me suis d'abord rendue à Barcelos, terre de prédilection des artisans portugais puis de Barcelos, j'ai rejoint son village (tenu secret) puis j'ai recherché la rue qui porte son nom (!) Là, sa plus jeune fille m'attendait pour m'annoncer que Jùlia était à Pombal, à 200 km de là, à l'invitation de la Foire internationale de l'Artisanat. Jùlia, jointe au téléphone, me proposait de la rejoindre là bas. Quelques heures après, en fin de soirée, me voici donc à Pombal, à l'accueil de l'hôtel de Jùlia, entièrement décoré de ses oeuvres, en son honneur.

Jùlia savait que j'étais une inconditionnelle de son travail, que je la poursuivais depuis quelques temps et que je proposais déjà quelques unes de ses oeuvres sur notre site. Jùlia est un personnage qui provoque immédiatement un flux d'émotions chez celui qui la rencontre. Elle se présente à vous tout simplement, timidement même, toute empreinte de son histoire personnelle et aussi de ce qu'elle représente aujourd'hui : un Portugal traditionnel qui disparaît peu à peu. Je dois vous avouer que nous sommes tombées dans les bras l'une de l'autre et que nous avons échangé quelques larmes.

Sa fille, Prazeres, également artiste, et le Commissaire de l'exposition l'accompagnait. Jùlia avait demandé que l'on nous ouvre les portes de l'exposition en avant première. Elle nous a alors permis de sélectionner toutes les pièces que nous souhaitions parmi celles qui étaient prévues pour l'exposition. Je dois vous avouer que je ne me suis pas privée et que le Commissaire de l'exposition blanchissait au rythme de mes choix, comprenant que la partie vedette de son expo serait réduite à une portion congrue.

Tard dans la soirée, j'ai raccompagné Jùlia à son hôtel, la voiture remplie de ses oeuvres soigneusement emballées. Il me restait 3 heures de route pour rejoindre Lisbonne et mettre toutes ses statuettes à l'abri.

Jùlia Côta n'est pas une simple artiste. Son pays, sa région, son village, sa famille, son histoire personnelle se cristallisent sans ses oeuvres pour provoquer chez vous un flux d'émotions. Jùlia Côta est une grande artiste !

 

 

 
 
 
 
 
Luisa Paixão

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