La céramique de Coimbra : quatre siècles de tradition et de savoir-faire

6 minute de lecture

Céramique de Coimbra

Il suffit souvent de quelques secondes pour reconnaître une céramique de Coimbra : un bleu cobalt profond, des jaunes, des verts et des ocres posés à main levée, des feuillages, des animaux fantastiques, des personnages ou des motifs inspirés des grandes faïences anciennes.

Mais derrière cette abondance décorative se cache surtout une histoire remarquable. Celle d'une ville qui travaille la terre depuis des siècles et qui a développé, à partir des XVIe et XVIIe siècles, l'une des traditions de faïence les plus singulières du Portugal.

Aujourd'hui encore, quelques ateliers perpétuent ce vocabulaire décoratif. Non pas en reproduisant mécaniquement les pièces anciennes, mais en les interprétant une à une.

C'est précisément ce qui nous a donné envie de faire découvrir cet artisanat.


Coimbra, une ville façonnée par la céramique

L'histoire de la poterie à Coimbra est beaucoup plus ancienne qu'on ne l'imagine. Des activités liées à la fabrication de céramique y sont documentées dès le Moyen Âge, avant que la production de faïence ne prenne véritablement son essor plusieurs siècles plus tard.

La ville disposait de conditions particulièrement favorables : des terres argileuses, de l'eau, du bois pour alimenter les fours et surtout le Mondego, véritable axe de circulation reliant Coimbra à la côte atlantique.

La présence des potiers a même laissé son empreinte dans la ville. Des noms de rues et de quartiers évoquent encore aujourd'hui les anciens ateliers et les communautés d'artisans qui y travaillaient.

Vue de la ville de Coimbra au Portugal

Vue de Coimbra et du Mondego

 

Cette géographie explique en partie pourquoi Coimbra est devenue l'un des grands centres historiques de la céramique portugaise. Le fleuve facilitait l'approvisionnement, mais aussi le transport des pièces jusqu'à Figueira da Foz et aux voies commerciales de l'Atlantique.


Aux XVIe et XVIIe siècles, une faïence acquiert son identité

À partir des XVIe et surtout XVIIe siècles, l'activité céramique prend une importance considérable à Coimbra. Les ateliers se multiplient, les techniques se perfectionnent et le métier s'organise.

Être potier ou faïencier n'est alors pas une activité improvisée. L'apprentissage est réglementé et la maîtrise du métier suppose de connaître la préparation des terres, le façonnage, l'émaillage, la décoration et surtout la cuisson, toujours déterminante dans le résultat final.

Céramique historique de Coimbra

Progressivement apparaît une esthétique propre à Coimbra. Les pièces associent une faïence émaillée à des décors extrêmement présents, souvent organisés autour d'un motif central puis prolongés jusqu'aux bords par des feuillages, des arabesques ou des compositions géométriques.

Le bleu de cobalt y occupe une place essentielle, parfois utilisé presque seul, parfois associé à des jaunes, des verts, des bruns et des ocres.

Ce sont ces associations, ces dessins denses et cette liberté de composition qui rendent encore aujourd'hui la céramique de Coimbra immédiatement identifiable.


Une céramique ouverte sur le monde

La céramique de Coimbra n'est pas née dans l'isolement. Comme beaucoup de grands arts décoratifs portugais, elle s'est nourrie des échanges commerciaux et culturels qui traversaient le pays.

On y retrouve des influences européennes mais également des échos de céramiques venues de beaucoup plus loin. Les artisans les assimilent, les transforment puis les intègrent à leur propre vocabulaire.

Faïence portugaise ancienne du XVIIe siècle

Faïence portugaise ancienne – XVIIe siècle – Crédit Museu Quinta das Cruzes

Cette rencontre d'influences donne naissance à un répertoire étonnamment riche : fleurs, feuillages, oiseaux, animaux fantastiques, figures humaines, armoiries, scènes religieuses ou compositions inspirées de la nature.

Une assiette n'est alors plus simplement une assiette. Sa surface entière devient un espace d'expression.


Le XVIIIe siècle et le raffinement des grandes manufactures

Au XVIIIe siècle, Coimbra possède des ateliers particulièrement réputés. Parmi eux, la famille Brioso occupe une place importante dans l'histoire de la faïence locale.

À la fin du siècle intervient également une personnalité assez inattendue : Domingos Vandelli. Naturaliste, chimiste et professeur à l'Université de Coimbra, il s'intéresse aux applications industrielles de la science et fonde en 1784 une manufacture de céramique au Rossio de Santa Clara.

Cette rencontre entre savoir scientifique, maîtrise des matières et tradition artisanale contribue à perfectionner encore la production locale.

Pot en céramique de Coimbra - Collection Luisa Paixão

Pot en céramique de Coimbra – Collection Luisa Paixão

 


Ce qui rend une céramique de Coimbra si reconnaissable

Contrairement à certaines céramiques portugaises dont l'identité repose principalement sur la forme ou sur une technique particulière, la personnalité de Coimbra tient beaucoup à son décor.

Il est généreux, parfois presque exubérant. La main du peintre occupe l'espace, multiplie les détails et laisse peu de place au vide.

Quelques caractéristiques reviennent régulièrement :

  • le bleu cobalt, seul ou associé à une palette de jaunes, verts, bruns et ocres ;
  • des motifs végétaux très présents ;
  • des oiseaux et des animaux réels ou imaginaires ;
  • des compositions symétriques ou rayonnantes ;
  • une inspiration puisée dans les faïences historiques des XVIIe et XVIIIe siècles ;
  • et surtout une décoration réalisée à main levée qui donne à chaque pièce son caractère propre.

C'est aussi ce qui explique son étonnante modernité.

Une pièce de Coimbra peut être très décorée et pourtant trouver naturellement sa place dans un intérieur contemporain : isolée sur une console, accrochée au mur, utilisée au centre d'une table ou associée à une vaisselle beaucoup plus sobre.


De l'industrie au retour des ateliers

Comme une grande partie de la céramique européenne, la production de Coimbra connaît ensuite plusieurs transformations. Aux XIXe et XXe siècles, l'industrialisation modifie profondément les modes de fabrication.

De grandes entreprises apparaissent, parmi lesquelles ESTACO, qui emploiera à son apogée un nombre considérable de personnes et participera à faire de la céramique une véritable industrie locale.

Ancienne fabrique de céramique ESTACO à Coimbra

Ancienne fabrique ESTACO – Crédit JV Queiros Photography

À la fin du XXe siècle, une grande partie de cette industrie disparaît. Ce déclin aurait pu faire disparaître avec elle les gestes, les motifs et les savoir-faire accumulés pendant plusieurs siècles.

Il s'est pourtant produit presque l'inverse.


Aujourd'hui, une tradition qui redevient précieuse

Décoration traditionnelle d'une céramique de Coimbra

Les pièces anciennes de Coimbra sont aujourd'hui conservées dans des musées et des collections privées. Les exemplaires historiques des XVIIe et XVIIIe siècles sont devenus rares et recherchés.

Mais ce qui nous intéresse peut-être davantage encore est que cette histoire ne s'est pas complètement arrêtée.

Quelques artisans continuent à travailler à partir de formes et de décors hérités des collections anciennes. Ils préparent, façonnent, émaillent puis décorent leurs pièces manuellement, avec les irrégularités et les variations que cela suppose.

Amphore en céramique de Coimbra – Collection Luisa Paixão

 


Pourquoi nous avons choisi ces pièces

Chez Luisa Paixão, nous ne cherchions pas une céramique simplement inspirée de Coimbra. Nous voulions retrouver ce qui fait le caractère des pièces anciennes : la densité des décors, les couleurs profondes, les petites variations du pinceau et surtout cette sensation évidente qu'une personne est intervenue sur chaque objet.

Nous avons donc choisi de travailler avec un petit atelier qui continue à produire et décorer ses pièces manuellement en s'inspirant du répertoire historique de Coimbra.

Et c'est probablement là que se trouve ce que nous aimons le plus dans cette collection : les décorateurs ne suivent pas un dessin imprimé au millimètre près.

Ils disposent d'un répertoire de motifs historiques, mais conservent une liberté dans leur interprétation. Un feuillage s'allonge, un oiseau change légèrement d'attitude, la densité d'un motif varie, le bleu du pinceau se fait parfois plus intense.

Deux pièces du même modèle peuvent donc se ressembler sans jamais être parfaitement identiques.

Ce ne sont pas des défauts à éliminer : ce sont précisément les traces de leur fabrication.


Faire entrer un fragment de Coimbra chez soi

Une assiette accrochée seule à un mur, un grand plat posé sur une table, une amphore sur une console ou plusieurs pièces réunies en collection : la céramique de Coimbra possède suffisamment de caractère pour transformer immédiatement l'endroit où elle est installée.

Et derrière ses couleurs et ses motifs, elle raconte quelque chose de plus rare : la continuité d'un geste artisanal portugais transmis, transformé et réinterprété depuis plusieurs siècles.

C'est cette histoire que nous souhaitons aujourd'hui continuer à faire vivre.

Assiette en céramique de Coimbra – Collection Luisa Paixão

Découvrir toute la collection de céramiques de Coimbra →


POUR VOTRE PREMIÈRE COMMANDE

-10%

Utilisez le code OBRIGADO au moment du paiement.


Découvrez notre sélection de céramiques de Coimbra

Précédent Suivant

3 commentaires

Est ce que la collection rayures noir et blanc passe au lave vaisselle svp?
Merci

Rocamora ,

Bonjour,
Pourriez-vous m’indiquer le volume de votre théière de Coïmbra dont les dimensions sont de 19×16cm ?
Et quel est le délai de livraison pour Paris ?
Merci de votre réponse.
Cordialement
L Pelletier

Pelletier Louis,

Bonjour
J’aimerais acheter des assiettes coimbra
Merci pour votre réponse
Cordialement
Durieux

Durieux,

Laissez un commentaire

Veuillez noter : les commentaires doivent être approuvés avant d’être publiés.